CPF : deux bougies mais pas de second souffle

vatant.jpg Daniel VATANT, consultant, Ex-Directeur d’Habitat-Formation

CPF : deux bougies mais pas de second souffle

En vigueur depuis le 1 er janvier 2015, le compte personnel de formation a 2 ans d’existence. Au 31 décembre 2016, le bilan chiffré de son déploiement est en substance le suivant :

  •  3 809 451 personnes ont créé leur compte
  •  705 326 dossiers ont été validés, dont 69 % concernaient des demandeurs d’emploi
  •  Parmi ces dossiers validés, 194 595 sont clos (formations terminées).
  •  Les bénéficiaires des formations réalisées sont très majoritairement (81 %) des demandeurs d’emploi, ce qui peut surprendre dans la mesure où la durée moyenne de ces formations est plus longue pour les demandeurs d’emploi (264 h) que pour les salariés (80 h).
  •  Dans les deux cas, les abondements divers ont été nombreux : le nombre moyen d’heures CPF mobilisées par formation n’est en effet que de 32 h pour les salariés et de 7 h pour les demandeurs d’emploi. Sur un plan plus qualitatif, deux éléments principaux se dégagent et confirment des tendances déjà observées en 2015.
  •  Si l’on attache aux dossiers clos, tous statuts confondus, 35 % des bénéficiaires avaient obtenu auparavant un diplôme de niveau V maximum. Le CPF ne bénéficie donc que minoritairement aux personnes les moins formées.
  •  Si l’on prend en compte l’ensemble des dossiers validés, on constate une forte concentration de la demande sur des certifications inscrites à l’inventaire spécifique créé par la CNCP. C’est le cas en particulier pour l’anglais (BULATS, TOEIC), l’informatique et la bureautique (PCIE, TOSA), mais aussi pour un certain nombre de formations obligatoires (CACES principalement). La demande est également significative sur l’accompagnement VAE, ainsi que sur le socle de connaissances et de compétences « CléA », et dans ce dernier cas principalement pour les demandeurs d’emploi. Malheureusement, les statistiques ne permettent pas de répondre à cette importante question : pour les salariés, dans l’ensemble des demandes, quelle sont les parts respectives de celles qui sont formulées de manière spontanée et de celles qui sont suggérées par l’employeur ?