Le projet de loi travail malmène la VAE

vatant.jpg Daniel VATANT, consultant, Ex-Directeur d’Habitat-Formation

Dans le cadre de la loi travail, la VAE ne servirait plus les diplomes

L’article 34 du projet de loi Travail traite de la VAE d’une manière qui a de quoi étonner.

Première surprise quant à la méthode : en décembre 2015, le Premier Ministre avait demandé à trois Inspections générales de produire une évaluation de la VAE et des scénarios d’évolution. Mais sans attendre les résultats de ce travail, des dispositions modifiant les conditions d’accès à la VAE sont introduites dans le projet de loi.

Seconde surprise, sur le fond : la durée d’expérience requise serait brutalement ramenée de trois ans à un an et qui plus est, cette durée pourrait prendre en compte celle des périodes de présence en entreprise dans le cadre d’une formation, donc par exemple en contrat en alternance ou en lycée professionnel ou technologique. Ainsi, dans bien des cas, la durée de l’expérience requise pour prétendre accéder à un diplôme via la VAE pourrait être inférieure à celle de la formation conduisant à ce même diplôme. La VAE, initialement (et légitimement) créée pour permettre l’accès à un diplôme hors d’un cadre de formation, en viendrait donc à faire l’inverse !

Gageons que les jurys ne l’entendront pas de cette oreille car les formateurs et professionnels qui les composent sont attachés à la valeur des diplômes et autres certifications professionnelles. Au total, il s’agirait donc d’une évolution non seulement inepte, mais susceptible de surcroît d’envoyer des candidats à l’échec. Peut-on compter sur la sagesse du législateur pour empêcher cela ?