Les tontons flingueurs du CIF

vatant.jpg Daniel VATANT, consultant, Ex-Directeur d’Habitat-Formation

Les tontons flingueurs du CIF

La pertinence du congé individuel de formation (CIF) n’est plus à démontrer. Quelques éléments pour s’en convaincre si besoin était.

Près de 40 000 formations sont financées chaque année, d’une durée moyenne de plus de 750 heures et conduisant très majoritairement (75 %) à des certifications enregistrées au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

Lorsque les formations débouchent sur un examen, le taux de réussite est de 93 %. Qui dit mieux ?

Parmi les bénéficiaires, 82 % sont ouvriers ou employés, 64 % de niveau IV maximum.

Un an après le congé, 67 % occupent une fonction en rapport avec la formation suivie et 75 % déclarent que leur situation professionnelle est « plus satisfaisante », et même « nettement plus satisfaisante » pour 44 % d’entre eux.

Alors, puisqu’il bénéficie majoritairement aux salariés les moins qualifiés en les portant la plupart du temps à un niveau supérieur, puisqu’il leur permet ainsi de progresser, de s’adapter, de se reconvertir, d’être mobiles dans l’entreprise et en dehors, le CIF n’est-il pas l’outil idéal de ce que l’on appelle aujourd’hui la « sécurisation des parcours professionnels » ou, mieux encore, de la dynamisation de ces parcours ?

Et pourtant une menace pèse sur lui. Dans un texte publié mi-janvier, l’Institut Montaigne préconise de le supprimer, tout comme le CPF, au profit de la création d’un nouveau compte (encore !) baptisé « capital emploi formation ». Il s’agirait d’un « droit opposable à l’employeur », ce qui est aujourd’hui le cas du CIF, mais les tontons flingueurs de l’Institut Montaigne apportent cette précision qui tue : « En cohérence avec ce caractère opposable, aucune rémunération obligatoire de la part de l’employeur ne serait attachée à l’utilisation du CEF. Cela encouragerait l’engagement de l’actif et le développement des formations hors temps de travail ».

Le CIF serait ainsi… brisé menu ! Sauve qui peut !